Une mère accusée du meurtre de ses deux enfants retrouvés dans des valises
Un procès hors norme s’est ouvert lundi à la Haute Cour d’Auckland, où une mère de famille est accusée d’avoir tué ses deux jeunes enfants en 2018, avant de dissimuler leurs corps dans des bagages. L’affaire, qui a bouleversé la Nouvelle-Zélande, révèle des détails troublants sur cette tragédie familiale découverte par hasard quatre ans après les faits.
Une macabre découverte dans un garde-meuble abandonné
C’est en août 2022 que l’impensable s’est produit. Des acheteurs ont fait une découverte horrifiante après avoir remporté aux enchères le contenu d’une unité de stockage abandonnée à Auckland. À l’intérieur de valises se trouvaient les restes de deux jeunes enfants : Minu Jo, 6 ans, et Yuna Jo, 8 ans.
L’histoire de cette découverte est aussi tragique qu’inattendue. La mère des enfants avait cessé de payer le loyer du garde-meuble suite à des difficultés financières, ce qui a conduit à la vente aux enchères en ligne du contenu de l’unité. Un enchaînement de circonstances qui a finalement permis de révéler un crime resté caché pendant quatre longues années.
Hakyung Lee face à la justice
Une accusée qui nie les faits
Hakyung Lee, 44 ans, citoyenne néo-zélandaise d’origine sud-coréenne, se retrouve aujourd’hui au cœur d’un procès qui devrait durer quatre semaines. Face aux accusations portées contre elle, son attitude reste ferme : elle a nié les accusations en secouant la tête lorsqu’on lui a demandé si elle plaidait coupable ou non coupable.
Fait inhabituel dans ce type d’affaire, l’accusée a choisi de se défendre seule, bien que des avocats restent à sa disposition pour l’assister si nécessaire. L’accusation, quant à elle, prévoit de faire appel à pas moins de 40 témoins pour étayer son dossier.
Un parcours suspect après les faits
Les enquêteurs ont retracé le parcours de Hakyung Lee après juin 2018, date présumée des meurtres. La mère de famille avait quitté la Nouvelle-Zélande pour la Corée du Sud et changé d’identité peu après la disparition de ses enfants, un comportement qui a attiré l’attention des autorités.
Ce n’est qu’en septembre 2022, suite à la découverte des corps, qu’elle a été arrêtée en Corée du Sud puis extradée vers la Nouvelle-Zélande. Elle avait « consenti par écrit à son extradition après une demande officielle de la Nouvelle-Zélande visant à la renvoyer pour être jugée ».
Une enquête complexe aux multiples zones d’ombre
Des questions sans réponses
Malgré l’avancement de l’enquête, plusieurs éléments cruciaux restent à éclaircir. La cause exacte du décès des enfants n’a pas encore été déterminée avec certitude, bien que des traces de somnifères aient été retrouvées dans leurs corps.
Le contexte familial joue également un rôle important dans cette affaire. Le mari de l’accusée est décédé en 2017, soit un an avant les meurtres présumés, ce qui pourrait constituer un élément contextuel significatif.
La santé mentale au cœur des débats
Le juge Geoffrey Venning a d’ores et déjà indiqué que la santé mentale de l’accusée au moment des faits serait un point central du procès. Cette dimension pourrait s’avérer déterminante dans l’issue de cette affaire particulièrement sensible.
La collaboration internationale a également joué un rôle clé dans la constitution du dossier. Le ministère sud-coréen de la Justice a fourni aux autorités néo-zélandaises des « preuves importantes » dont la nature n’a pas encore été révélée publiquement.
Ce procès, qui ne fait que commencer, promet de lever le voile sur l’un des faits divers les plus choquants qu’ait connu la Nouvelle-Zélande ces dernières années.

